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samedi, 03 janvier 2009

Grandeur et décadence du syndicalisme français

Je rebondis sur une note de Rubin Sfadj à propos du syndicalisme français. Voilà l'occasion de produire un billet que je méditais depuis quelques temps déjà.

Rubin Sfadj y écrit notamment «les syndicats de salariés représentent de moins en moins de travailleurs». J'ai bien envie d'opérer un petit rectificatif : «les syndicats de salariés représentent de moins en moins le travailleur». Et je pense que mon «le» est bien à l'origine des maux de nos syndicats et de leur faible représentativité. Les syndicats français sont incapables d'un accompagnement individuel. Ils ne rêvent que de grandes luttes et de mouvements collectifs dans lesquels ne se reconnaissent que peu ou pas les salariés. Or, notre société a évolué : c'est une donnée qu'elle se morcelle et s'individualise. C'est d'ailleurs l'essence de la démocratie libérale dans laquelle nous vivons. Or, quand il s'agit de gérer les intérêts d'UN travailleur, un seul, les syndicats sont au mieux incompétents, au pire inconsistants. Les individus et les histoires personnelles ne les intéressent pas. Or, dans notre société où la solidarité se fait toujours plus défaillante, c'est l'accompagnement individuel qui fait le plus cruellement défaut, et c'est cela que veulent les gens en général. Que l'on pense à eux non en tant que classe sociale, mais en tant qu'individus. Tant que les syndicats français n'auront pas compris et reconnu cette évolution irréversible, ils continueront leur lente mais inexorable déchéance.

18:07 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : syndicalisme, individu |  Facebook | | |

Commentaires

Complètement d'accord avec vous! Je confirme cette analyse, pour mon administration: le syndicat qui bat tous les autres en terme du nombre des adhérents est le seul syndicat "maison", celui qui aide à gérer les problèmes au jour le jour, qui fait de l'"alimentaire" et ce n'est pas péjoratif! Il n'est pas représenté dans les discussions salariales mais c'est le syndicat dont les gens ont besoin, le plus proche de leur quotidien...

Écrit par : Patricia Gallerneau | samedi, 03 janvier 2009

Très juste. C'est le point faible des syndicats mais aussi des partis politiques...
Et cela nous renvoie encore une fois au personnalisme d'Emmanuel Mounier.
Si bien qu'au mot classe sociale je substituerais celui de corps plutôt que celui d'individu, car c'est la solidarité qui permet à un corps de fonctionner et aux personnes de s'affirmer, c'est-à-dire à la fois de s'épanouir et de servir les autres, alors que le libéralisme ne considère en effet que des individus interchangeable.

Écrit par : Christine | samedi, 03 janvier 2009

Dans une vie précédente j'étais pendant quelque temps responsable syndical et je ne peux qu'abonder dans le sens de l'hérétique. Il y a des chose qu'il est nécessaire d'aborder en collectif mais le quotidien, cela doit se faire au cas par cas.

Écrit par : Claudio Pirrone | dimanche, 04 janvier 2009

Intéressant. Merci pour le lien. Il me semble que le monopole de la loi de 1950 a supprimé tout besoin de réflexion chez les syndicats, leur assurant une forme de rente.

Écrit par : Rubin | dimanche, 04 janvier 2009

@ christine

Ben justement, c'est un point avec lequel je ne m'accorde pas dans le personnalisme. L'individu doit primer à mon avis sur le corps. En revanche, la possibilité pour des individus de se constituer en corps est à mon sens une liberté fondamentale.

@ Rubin
Je n'irais pas jusque là. Ce n'est pas le problème du monopole mais plutôt celui de l'idéologie sous-jacente incapable de s'adapter à une démocratie libérale comme la nôtre où l'individu a de plus en plus de poids.

@ Patricia
tant mieux si les choses vont en ce sens. Le temps des grandes idéologies qui ignorent et méprisent les individus est révolu.

Écrit par : L'hérétique | dimanche, 04 janvier 2009

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