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vendredi, 18 janvier 2008

L'ânerie d'Abou Dhabi

Alors là, c'est le pompon : tout le monde sait à quel point la région du Golfe est instable. Quelqu'un veut-il bien me dire ce que la France et son armée vont f.... à Abou Dhabi ? On a tout de même d'autres préoccupations, non ? Et certainement d'autres dépenses bien plus prioritaires que de financer une base qui ne sert à rien. Car, in fine, nous n'avons de toutes façons pas les moyens d'intervenir là-bas. Alors la seule motivation que je verrai, ce serait de faire plaisir à l'administration Bush. Sauf que vu les c.....eries monumentales faites par les Américains dans cette région, je n'ai pas le moindre désir de voir la France participer à la pire politique étrangère jamais menée là-bas.  Si c'est une demande d'Abou Dhabi, je ne vois pas ce qu'ils attendent de nous ! Autant je suis tout à fait d'accord pour ouvrir une antenne du Louvre là-bas, autant la base militaire...

Encore une décision prise sans aucune concertation ni explication. Je trouve d'ailleurs le point de vue de François Bayrou très juste sur la question, et c'est pour cela que j'en fais copie :

La France va disposer d'une base militaire stratégique aux Emirats arabes unis en vertu d'un accord signé mardi à l'occasion d'une visite du président Nicolas Sarkozy à Abou Dhabi, marquée aussi par un accord sur la coopération dans le nucléaire civil. François Bayrou dénonce, au lendemain de la signature de cet accord sur l'installation d'une base militaire stratégique française aux Emirats arabes unis, un "changement très grave de la doctrine" de la France. "L'annonce par le président de la République, sans aucune réflexion publique préalable, sans information du Parlement, que la France allait ouvrir une base militaire interarmes sur les rives du détroit d'Ormuz, constitue un changement très grave de la doctrine et de l'attitude de la France dans cette région".

"La nature même de cette région, les risques qui sont encourus mettent la France en situation d'être entraînée malgré elle dans un conflit ou dans une succession de tensions très dangereuses", a-t-il averti, voyant dans cette initiative la volonté d'intégrer la France dans les concepts géostratégiques américains".
"Jamais cela n'a été évoqué pendant la campagne présidentielle et le Parlement est tenu à l'écart d'une décision qui engage la vie de la Nation". François Bayrou juge que jusqu'à présent la France avait choisi d'être dans cette région "une puissance d'équilibre diplomatique et non une puissance militaire".
"On voit à quel point une décision unilatérale du président de la République ne peut pas être acceptée et que le rééquilibrage des pouvoirs institutionnels devient jour après jour une question brûlante", a-t-il ajouté.
François Bayrou a enfin rapproché ce sujet de "la question de la dissémination du nucléaire, dont la France s'est faite ces dernières semaines un artisan actif" et qui "posera à terme des question de sécurité".

 

Commentaires

Oui, compte tenu qu'il s'agit d'une des zones les plus tendues de la planète (Irak, Koweït, Détroit d'Ormuz, Iran avec de nombreuses provocations iraniennes, américaines et britanniques qui ont mis en alerte tous les pays de la région) et que cela est probablement exécuté en partie sur demande du Pentagone... cela mérite au moins un débat! (mais attention, au sein de la commission de défense, pas dans l'hémicycle au grand complet), ne serait-ce que pour fixer les règles d'engagement! (qui peuvent mener à une automatisation de la guère si on n'est pas extrêmement vigilants...)

Écrit par : ArnaudH | vendredi, 18 janvier 2008

Salut Arnaud

Je suis d'accord avec toi, et je trouve que cela devient pire que tout. On est entraîné dans des guerres qui ne sont pas les nôtres sans aucun avertissement ni débat. Comme le renforcement de notre présence en Afghanistan.

Écrit par : L'Hérétique | vendredi, 18 janvier 2008

Ciao signore ;)

Ah, petit hic, pour moi nous avons tous notre place en Afghanistan; laisser des régimes extrémistes gouverner, comme c'était le cas des talibans, n'est pas une option pour des raisons de déstabilisation régionale (cf. Pakistan mais aussi l'Iran et l'Inde), du monde (abris donné à Al Qaeda pour continuer ses opérations; le fait qu'ils aient la France dans leur mire en fait un ennemi qu'on ne peut ignorer), de droits de l'homme (mais surtout de la femme), culturelles (destruction du patrimoine historique mondial), de lutte contre le trafic de drogue (opium, première ressource du pays) et de développement économique... bref, une sacré quantité de raisons qui n'ont pas un lien direct avec le 11 septembre... (je pensais déjà qu'on devait intervenir avant le 11/9/01).

Après, sans notre soutien, le gouvernement Karzai tomberai en très peu de temps (par contre je ne suis pas sur que ce gouvernement soit la meilleure option, mais pour le moment, faute de mieux...)... mais bon, tout ça ce n'est pas une stratégie à long terme et nous devons de toute urgence en trouver une... il demeure qu'une négociation avec les talibans reste difficile compte tenu de l'extrémisme de leurs positions...

Écrit par : ArnaudH | vendredi, 18 janvier 2008

@ Arnaud,

Tu as raison, il faut soutenir Karzaï, mais il y a plein de moyens de le faire discrètement et efficacement.
Ensuite, il faudrait aussi que les Américains soient clairs sur leurs buts...

Écrit par : L'Hérétique | vendredi, 18 janvier 2008

Je ne crois pas que l'ouverture de cette base soit un "changement très grave de doctrine" pour ce qui concerne les relations de la France avec les Emirats et, plus particulièrement, Abou Dhabi.
En effet, le positionnement de cet Emirat, tout comme celui du Qatar, à toujours été de rechercher des partenaires hors des puissances anglosaxones ; anglaises et nord américaines plus précisemment. Signifiant, par là, le souhait d'avoir un positionnement différent de celui de la grande puissance arabe de la péninsule, l'Arabie Saoudite. La France, aux yeux de ces Etats, par ailleurs géographiquement petits, fait partie intégrante de cette stratégie.
Ces Emirats ont ou ont eu des différents frontaliers d'importance variable avec les saoudiens et les iraniens. Pour autant, aucune guerre n'en a résulter car ils ont toujours privilégié une approche onusienne ou bilatérale pacifique.
La marine française est présente depuis bien longtemps dans cette partie du monde et y joue le rôle classique de surveillance-protection des voies maritimes internationales. Dans ce cadre et à des époques révolues où la zone était très clairement plus explosive (guerre Iran/Irak), les forces armées française n'ont pas eu à commettre d'actes de guerre.
Enfin, la base en question sera dans le port d'Abou Dhabi et donc pas, directement, sur les rives du détroit d'Ormuz qui se trouve à une centaines de 100 milles plus à l'est.
En conclusion, je n'analyse pas cet accord comme un acte d'alignement sur la politique des nords américains, mais plutôt comme une continuité de la politique française dans cette partie du monde.

Écrit par : Philippe HERRIAU | samedi, 19 janvier 2008

@ Philippe Herriau

Vos observations sont intéressantes, mais, je ne vois pas compte-tenu de ce que vous avez dit, quel est l'intérêt d'ouvrir une base. Un tel investissement est très coûteux, et il me semble que notre stratégie et notre armée ont d'autres priorités.

Écrit par : L'Hérétique | samedi, 19 janvier 2008

Je ne me prononçais pas sur l'intérêt d'ouvrir ou non cette base, je réagissais seulement sur deux points :
- il ne s'agit pas d'un alignement de la France sur la politique nord-américaine
- ce n'est pas une rupture de la politique française dans le golfe arabo-persique.

Ceci écrit, je reconnais bien volontiers le coût d'une telle initiative.

Toutefois, je pense que les intérêts de la présence de la France dans le golfe peuvent être suffisamment divers et importants pour mériter cette construction. Au nombre de ces intérêt, je pense à :
- assurer la sécurité et la diversité de nos approvisionnements en énergie fossile
- promouvoir notre culture (musée du Louvre, Sorbonne...)
- assurer un débouché à notre industrie de l'armement
- avoir des alliés politique qui, justement, ne sont pas alignés sur les position nord-américaines.

Écrit par : Philippe HERRIAU | samedi, 19 janvier 2008

à Philippe Herriau

Si ce n'est qu'une question d'indépendance énergétique, cela nous coûterait bien moins cher de construire quelques centrales solaires en France.

Et pour les aspects militaires, vu l'état de nos équipements, je persiste et signe : mieux vaudrait déjà avoir un matériel en état de marche avant de construire des bases.

Promouvoir notre culture, je suis pour, mais une base militaire n'est pas indispensable pour cela.

Compte-tenu de la faiblesse de nos moyens, je pense que nous avons tout de même plus vocation à utiliser notre soft power que notre hard power.

Écrit par : L'Hérétique | dimanche, 20 janvier 2008

Vous avez certainement raison, la France pourrait construire des centrales solaires sur son territoire, elle est prafaitement libre de le faire, mais on roule, toujours majoritairement et pour quelques temps encore, avec du pétrole ; idem pour la plupart des plastiques. Durant cette transition et si c'en est une, il faut bien garantir la sécurité des voies d'approvisionnement.

Par ailleurs dans le domaine énergétique, quand je vois le projet de "ville verte" promu par Abou Dhabi, je me dis qu'il vaut mieux rester proche de ce genre de pays qui ne manque pas de surprendre (et d'avoir les moyens d'aller très loin en matière d'énergie diversifiée), tout en nous achetant, par ailleurs, du nucléaire civil.

Je me déclare incompétent sur l'état de nos troupes, mais me souviens des 400 chars Leclerc vendus Abou Dhabi qui ont certainement permis à la France d'être à la pointe, quoiqu'avec du matériel certainement stratégiquement obsolète une fois la guerre froide finie, de ce qui était imaginable en matière de char à l'époque.

Tout ce qui se passe dans le Golfe est objet d'échange, il ne faut pas croire que l'on peut leur vendre du Louvre ou des Airbus sans qu'ils ne tentent d'avoir des contre parties les intéressant et, s'ils veulent une base pour la France et pour eux, il faut trouver une solution. Ils achètent de la sécurité non américaine pour ne pas trop impressioner négativement les iraniens. Ce qui n'empêche pas la France ou d'autres pays de jouer du soft power également. Il y a pléthore de pays sans hard qui font un travail remarquable et, parfois, bien plus efficace que celui des puissances militaires. Je suis bien d'accord avec vous. Mais, là encore, la France est dans la continuité de ses approches : du soft et du hard. Si elle ne faisait plus que du soft, et après tout pourquoi pas, ce serait une véritable rupture.

Écrit par : Philippe HERRIAU | mercredi, 23 janvier 2008

Merci pour ce commentaire que je trouve très intéressant et éclairant. Accepteriez-vous que je le publie sur mon blog afin de faire valoir un autre point de vue que le mien ?

Écrit par : L'hérétique | mercredi, 23 janvier 2008

Bien sûr, avec plaisir et merci de me le proposer.

Écrit par : Philippe HERRIAU | mercredi, 23 janvier 2008

Eh bien merci : il paraîtra demain à 14h00. J'ai à peu près repris ce que vous avez écrit, à quelques mots de liaisons près et en supprimant un commentaire intermédiaire qui faisait redondance.

Écrit par : L'hérétique | mercredi, 23 janvier 2008

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