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dimanche, 09 mai 2010

Atlantide, Platon aurait vu juste ?

Entre deux lectures politiques, je me cultive : il se trouve que j'ai accès à une excellente revue de culture grecque pour non spécialiste intitulée ΛΥΧΝΟΣ. Elle est réalisée par les adhérents d'une association qui répond au doux nom de Connaissance hellénique et s'adresse à des amateurs, éclairés ou non. Les articles n'en sont pas moins d'une grande qualité. Or, dans le numéro de janvier 2010, je suis tombé sur un article à propos de l'Atlantide, qui décoiffe. Son auteur est Jacques Collina-Girard, Maître de Conférences à l'Université de Provence. On le sait, la mention la plus importante que nous ayons de la mythique Atlantide est ce qu'en dit Platon via les dialogues philosophiques Critias et Timée. Il s'agit d'une île engloutie, source d'une civilisation brillante à l'orée de l'Antiquité. Les meilleurs spécialistes ont globalement estimé que le récit de Platon relevait pour l'essentiel de la fiction, même si des passionnés continuent d'interroger le texte.

Or, Jacques Collina-Girard a eu une idée subtilissime, qu'il expose dans la revue : il a interrogé le texte de Platon avec le point de vue d'un géologue. Et là, le texte prend une dimension sidérante...Platon donne une description de l'Atlantide qui ne correspond à la géographie de la Méditerranée qui est la nôtre, bien qu'on ait reconnu dans les colonnes d'Hercule le détroit de Gibraltar. Mais, dans le même temps, il date la disparition de l'Atlantide d'environ 9600 ans avant notre ère ; or, cette période-là est précisément une zone de fracture entre une période de glaciation et une autre de réchauffement, entraînant la submersion de certaines bandes de terre et le remodelage des côtes. Ainsi, il y a 12 000 ans, la Méditerranée avait bien l'aspect de la mer intérieure que Platon décrit dans son récit, et il y avait bien une île, juste après le détroit de Gibraltar ; elle correspond à un massif rocheux qui se trouve à une cinquantaine de mètres sous l'eau, à l'heure actuelle : le banc Spartel. Et pour la taille de l'empire atlante, il s'entend en terme de zone d'influence, si bien qu'il n'est pas étonnant de voir Platon évoquer des dimensions qui vont de la Lybie jusqu'à l'Asie (grecque, donc, en somme, jusqu'à l'Arabie).

L'auteur de l'article a écrit un livre en 2009, l'Atlantide retrouvée, enquête scientifique autour d'un mythe : je vais le commander, histoire de juger sur pièces. Il vient de faire deux conférences à ce sujet. Ça m'intéresse, cette histoire-là, et je ne suis pas le seul : nos amis Marocains se verraient bien en descendants des Atlantes...