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lundi, 04 mai 2009

Skipper du Tanit : tué par une balle française !

Aïe. Ça, ça craint drôlement, en revanche. Apparemment, ce serait une balle française (vraisemblablement perdue) qui aurait provoqué la mort de Florent Lemaçon, le skipper du voilier détourné par des pirates somaliens, le 10 avril dernier. A vrai dire, quand j'avais entendu Hervé Morin éluder les causes de la mort de cet homme en déclarant ne pas exclure que les tirs soient venus des assaillants (c'est à dire des Français), j'avais pressenti que les autorités le savaient déjà. On ne peut pas jeter la pierre à des militaires qui risquent leur vie, mais, cela pose tout de même la question des procédures et règles d'engagement quand il y a prise d'otages.

Cela dit, je trouve anormal de l'apprendre d'une radio publique, Europe 1, et non du Ministre de la Défense, Hervé Morin, qui doit assumer la responsabilité de cet échec.

Le drame, si j'ai bien compris, c'est que les commandos français avaient bien identifié la position des otages, et avaient aussi recommandé, par haut-parleurs, en français, aux otages de ne surtout pas bouger. J'imagine que ce genre d'opérations est millimétré. Mais apparemment, Florent Lemaçon, par réflexe, lors de l'assaut, se serait placé devant sa femme et son fils pour les protéger.

Je suppose que les Français avaient tablé sur une fixité des prisonniers pour calculer leur opération, angles de tir compris. Pas facile, car cette situation supposait une confiance totale en l'efficience des forces armées françaises.

A ce que j'ai compris, les forces françaises n'avaient pas non plus le temps de tergiverser, car les pirates, devenus plus agressifs et impatients, parlaient de faire un exemple. Il fallait donc agir. Cette très triste issue devrait amener nos forces d'intervention spéciales à approfondir sans doute la gestion psychologique des signaux à adresser aux otages dans les situations d'urgence.

Cela dit, ce qui me dérange, dans cette affaire, c'est la réaction d'Hervé Morin, j'y reviens. Son silence et ses tergiversations ont été tout à fait idiotes, dans cette histoire. Il savait très rapidement ce qu'il s'était passé. Il a laissé planer une rumeur, mais pour quoi faire ? Du coup, on a soupçonné les forces françaises, alors qu'elles ont vraiment fait de leur mieux, dans cette histoire. Quel était le but de ce demi-silence ? Ne pas impliquer Nicolas Sarkozy qui aura vraisemblablement donné l'ordre final de l'assaut (connaissant son tempérament, on l'imagine encore moins capable de déléguer en temps de crise) ? C'était stupide : compte-tenu des circonstances, personne de sensé ne l'aurait reproché à Nicolas Sarkozy. Apparemment, tout avait été tenté au préalable.

Cette sale manie du secret, dans ce genre de choses, est surtout propice aux théories du complot et aux suppositions les plus folles. Si le but était de protéger l'image du Président, c'est vraiment minable.

Il y a un dernier point qui m'interpelle : même si je ne remets pas en cause la compétence de nos nageurs de combat, pourquoi ne pas avoir confié la responsabilité d'une opération aussi délicate au GIGN, bien plus habitué à ce genre de situations très délicates ?