Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mercredi, 20 février 2008

Chroniques du règne de Nicolas 1er

S'il y a bien un livre à lire si l'on veut passer un bon moment, c'est bien celui de Patrick Rambaud : une fresque hilarante, oscillant entre deux humours féroces que sont ceux de Volaire et de la Bruyère dans ses Caractères.

Le livre commence par la description de Nicolas 1er, et notamment tous ses tics nerveux. Il me semble bien avoir lu dans les Caractères quelque chose d'assez semblable sur un agité de service.

Il y a des moments forts :-D 

Par exemple sur le Chevalier de Guaino :

«Les aventures de Tintin nourrissaient pour une large part la culture politique du chevalier de Guaino [...] Le jour ou Sa Majesté choisit de visiter ses homologues africains, [...] le chevalier rouvrit sans hésiter Tintin au Congo, une belle édition de 1930 qu'il ne voyait pas un instant démodée.[...] Il apprit pour ce premier voyage quelques phrases qui lui permettraient d'être mieux compris par cette population dont il voulait soulever l'enthousiasme : "Li missié blanc très malin" ou "Missié blanc, toi y en as sauver nous...[...]» 

Il y a un passage excellent, où l'auteur s'intéresse à l'éytomologie du nom Besson. Si pour lui une première branche est censée venir de la forêt de Sherwood, et dériverait de Best (le meilleur en anglais) voilà ce qu'il dit de la branche à laquelle appartient Eric Besson :

«Une autre branche venait directement de Ganelon qui vendit aux Basques l'arrière garde de Charlemagne [...] Quel rapport avec Besson, me direz-vous ? Le nom de ce traître se modifia au cours des âges à cause de sa traîtrise : Gane devint Biasse car l'homme s'était rabaissé en vendant les siens, et ce Baisse, à l'écrit, se simplifia en Bess [...]

Et quant à l'érudition de Nicolas Sarkozy, voici un morceau d'anthologie...

« Sa Majesté pensait que les Iraniens étaient des Arabes comme les autres. Personne n'osa relever. Eh bien ? Sa Majesté entendait remplacer la sotte érudition par la vitesse de ses propos. "Je ne suis pas un intellectuel", aimait répéter Notre Maître Affirmé pour qui une cervelle encombré ne valait pas tripette» 

Et tout est du même tonneau tout au long du récit : je n'ai pas pu manger pendant plusieurs heures, tant j'avais l'estomac encore tout tordu d'avoir bien rigolé, après l'avoir lu.