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  • C'était une chiffonnière...

    Qui connaît Maria das Graças Foster en France ? Sans doute pas grand monde, et pourtant, cette ingénieure est désormais à la tête d'un des plus puissants groupes pétroliers du monde : Petrobras.

    Elle a grandi dans les favelas de Rio, a dû financer ses études en génie chimique en travaillant comme chiffonnière, le tout dans un contexte de violences familiales.

    C'est là, au fond, où l'on voit qu'il y a vraiment un problème avec les femmes en France. Regardez le Brésil : il ne fait pas bon y être une femme. L'Église catholique toute-puissante les ravale là-bas au statut de créature du Diable ou de sainte. Et pourtant, le Brésil n'a pas un président mais une présidente, Dilma Roussef, et elle met à la tête d'un groupe pétrolier une autre femme.

    Il n'y a absolument rien d'équivalent en France. Rien. Même dans un pays comme le Pakistan on a vu une femme au pouvoir (Benazir Bhutto).

    Et en France ? Rien. A qui la faute ? Je ne le sais pas. Notre société ? Les Françaises elles-mêmes, qui seraient dépourvues d'ambition ? Un patriarcat insidieux qui continue d'exercer le pouvoir ? La confiscation  de tout effort pour promouvoir les femmes par des officines marxistes ou assimilables comme telles ?

    Peut-être un peu tout cela en même temps. 

    Mais peut-être aussi, est-ce le fonctionnement propre de notre classe politico-médiatique, toute entière faite de gens qui se connaissent et qui n'envisagent pas un seul instant qu'une femme puisse sérieusement exercer le pouvoir. En fait, elle ne doit même pas se poser la question.

    Ce serait toutefois trop facile de réduire cette absence des femmes en politique à une unique responsabilité de la classe politique. En France, c'est toujours la faute de l'autre. La recherche du bouc-émissaire est permanente. Le combat féministe n'échappe pas à ce travers. 

    Plutôt que de promouvoir le développement personnel, la liberté et l'esprit d'initiative, nous cultivons le copinage, le réseau et le procès permanent. Je suis convaincu que la condition féminine en souffre.

    Je réitère ce que j'écrivais en 2009, la liberté est une femme. Mais la liberté, c'est aussi l'esprit de la liberté, et il n'est pas réductible à un ensemble de droits que nous aurions à exercer. C'est aussi notre capacité à accomplir ce que nous portons en nous, comme une cause finale à la sauce aristotélicienne.

    Le chemin est encore long...

  • Florence Cassez, un espoir pour...Sarkozy ?

    Des rumeurs d'une possible libération pour Florence Cassez courent au Mexique (et donc en France). Henri Guaino frémit. Il faut rendre à Nicolas Sarkozy cet hommage (le seul) c'est que dans toutes les affaires d'otages ou d'emprisonnements de Français, globalement, il s'est toujours démené. Et dans ce domaine, il a été bien meilleur que ces prédécesseurs. En ce qui concerne Florence Cassez, qu'il a eu au téléphone il y a une semaine, il a fait vraiment le maximum pour obtenir sa libération ou son transfèrement en France dès qu'il est devenue président de la République. De ce point de vue, Marine Le pen est parfaitement malhonnête en sous-entendant que la coïncidence est plus que troublante.

    Si jamais les cinq juges de la Première Chambre de la Cour constitutionnelle du Mexique donnent raison au juge de la cour suprême Arturo Zalvidar, Florence Cassez pourrait être libérée le 25 mars. En pleine campagne présidentielle, cela tomberait au bon moment.

    Il faut dire que l'affaire Florence Cassez a donné lieu à de sacrées controverses, wikipedia s'en fait l'écho elle-même. Il y a une bataille entre l'opinion et le droit. De nombreux Mexicains sont convaincus que Florence Cassez est coupable, d'autant qu'il y a eu tout une mise en scène médiatique en ce sens au Mexique. Mais dans les faits et les dicussions, on trouve bien peu d'éléments objectifs pour l'incriminer. Les versions des témoins, en particulier, se sont avérées à géométrie variable...

    L'histoire n'est pas terminée : pour l'instant, seuls quelques internautes réagissent à la possible libération de Florence mais si jamais elle advient, nul doute que les Mexicains en parleront. Or, eux aussi sont en campagne électorale...

    A titre personnel, je me suis posé une question : admettons que nous eussions eu Bayrou, ou Hollande, ou même, allons, soyons large, Marine Le pen ou Mélenchon comme présidents. Comment auraient-ils réagi dans l'affaire Cassez ? Auraient-ils tout fait pour la faire revenir en France ou bien auraient-ils considéré le Mexique comme un état "souverain" ? Je n'ai jamais entendu aucun d'eux sur l'affaire Cassez, mais c'est peut-être aussi un choix de ne pas entraver l'action de la diplomatie française.