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lundi, 26 juillet 2010

La loi du marché

J'ai trouvé très intéressante une réflexion récente de Jean Lassalle, député MoDem, rappelant qu'à l'origine du marché, il y a le contrat :

La très ancienne notion de contrat pourrait être de nature à transformer le destin de nos paysans et de nos agriculteurs en leur donnant des débouchés sur la durée.
Aujourd’hui, les marchés de proximité ont tous disparu. Même si l’on fait des efforts pour remettre au goût du jour le lien direct entre le producteur et le consommateur, nous en sommes encore bien loin. Seulement, comme vient de le souligner Mme Langlade, encore faut-il que chacun des contractants ait les moyens de se faire respecter. Un vieux dicton de chez nous dit : « Il faut renforcer l’identité de l’autre pour passer de bons contrats avec lui. » De nos jours, on fait plutôt le contraire : on essaie de pilonner et d’affaiblir l’autre afin qu’il soit le plus faible possible au moment de la signature du contrat.
Je crois que celui qui signe un contrat à l’intention de le respecter. Le problème est que le plus puissant des deux signataires à tendance à trop en demander à l’autre et à aller au-delà des limites de son partenaire. De contrats en contrats, nous sommes malheureusement en train de dévoyer cette pratique. Monsieur le ministre, je ne dis pas que c’est ce que vous voulez. Au contraire, en inscrivant les contrats dans la loi vous souhaitez protéger cette pratique. Aujourd’hui, la plupart d’entre eux sont signés entre partenaires de forces inégales. Ainsi celui qui est le plus fort fait disparaître la concurrence et, à terme, il se retrouve seul dans une situation encore plus favorable
.

Quand le marché au sens économique du terme est apparu, ce devait être un lieu d'échange. Il s'agissait pour ses usagers de conclure des accords mutuellement avantageux. Le contrat venait les sceller. Or, ce que décrit Jean Lassalle, ce n'est pas une situation de marché mais une situation de guerre.

Le contexte de la discussion est le suivant : la loi de modernisation de l'agriculture prévoit que les échanges entre producteurs et distributeurs doivent être contractuels pour les productions agricoles. Seulement, si l'État légifère ainsi, il n'est pas prévu qu'il intervienne pour garantir, par exemple, que les agriculteurs recouvrent au moins leurs coûts de production.

En théorie, j'aurais une préférence pour que le marché s'organise de lui-même, et que l'État n'intervienne pas. Le problème, c'est la distribution : son mode d'organisation vient occulter les échanges. Certes, la distribution prend en charge des coûts d'organisation et de stockage importants, mais, en contrepartie, elle se substitue au marché.

La difficulté, c'est que je ne perçois pas, pour l'instant, de système capable de concurrencer le pouvoir logistique de la grande distribution. Pourtant, en termes de prix, si on compare par exemple les prix pratiqués par paysan.fr, la différence ne saute pas aux yeux, et, sur certains produits, la coopérative est plus performante.

L'argument du prix n'est pas suffisant pour expliquer l'avantage pris par la Grande distribution : elle offre aussi un service précieux pour le consommateur : le tout en un. On ne se rend pas dans un super-marché pour obtenir des produits alimentaires. On y trouve aussi toute une série de biens de consommation d'une autre nature.

Les coopératives ne peuvent pas faire face, en l'état, si elles n'adoptent pas le même mode d'organisation, ce qui revient, sur le fond, à changer de métier...

 

Commentaires

tout a fait d'accord.c'est pour ça que j'ai crée mon entreprise et que je vends mes produits sur mon site internet avec un minimum d'intermédiaire.je ne suis pas milliardaire et je n'exploite personne.
patricia de fidel4pat.fr

Écrit par : patricia | lundi, 26 juillet 2010

@Patricia
Mais ce n'est pas facile, car j'imagine que vous devez faire face aux gros de la distribution qui ont de très gros moyens publicitaires...

Écrit par : l'hérétique | lundi, 26 juillet 2010

je ne te le fait pas dire.j'ai une anecdote,j'ai contacté un fournisseur qui livre justement ces grandes surfaces et qui critiquent le fait qu'il soit étranglé par ces derniers, et bien il refuse de vendre en dessous de 20 palettes (un camion de 38 tonnes en gros) ou alors il te vends à un prix que t'a plus vite fait d'aller le chercher chez l'épicier du coin ça sera moin cher. trop drôle, il se comporte finalement comme la grande distribution.

Écrit par : patricia | mardi, 27 juillet 2010

Tout à fait d'accord avec ce billet. On sous-estime hélas en France (tradition républicaine et surtout ... d'Ancien Régime !) la valeur d'un marché qui serait *réellement* transparent, libre et non faussé.

La liberté des prix est chose très récente en France - décembre 1986 ! (elle avait été instaurée en 1980, de mémoire, par René Monory, mais aussitôt annulée en 1981 par le gouvernement Mauroy, toujours de mémoire).

Et dans la distribution, on n'a jamais trouvé de formule franchement satisfaisante - Cf. http://archives.lesechos.fr/archives/2006/LesEchos/19809-90-ECH.htm

Écrit par : FrédéricLN | mercredi, 28 juillet 2010

@Fred
Très bien cet article. C'est d'ailleurs exactement ce que dit J.Lassalle pour l'entente entre les producteurs.

Écrit par : l'hérétique | mercredi, 28 juillet 2010

Les commentaires sont fermés.